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Concours : 45" @ Rex Club (25-05-13)







High Five Magazine vous fait gagner des entrées gratuites pour la soirée de ce Samedi 25 Mai, 45 au Rex Club.
Pour tenter de remporter ces entrées, envoyez nous un gentil mail en précisant le nom de la soirée, votre nom, ainsi celui de la personne vous accompagnant à l'adresse suivante :

highfiveblog@gmail.com

Fin du concours ce Vendredi à 13 heures.

Line-up : 

Alexkid
Mlle Caro
Chloé


Pour la « 45″, Melle Caro, maîtresse des lieux et hôte de la soirée, vous concocte un plateau 100% français!
A ses côtés, vous retrouverez Alexkid, figure majeure de la house en France, qui comme à son habitude, arrive avec une house toujours aussi funky et toujours efficace!
Puis pour l’épauler, rien de tel qu’une taulière du Rex en la personne de Chloé ! Avec ses productions toujours autour d’une minimale plus que rythmée, elle enflammera le stage!
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Concours : Hello White @ Rex Club (23/05/13)






L'équipe d'High Five Magazine vous offre des entrées gratuites pour la soirée de Jeudi prochain au Rex Club, Hello White and Pepperpot Birthday

Pour tenter de remporter ces places, envoyez nous un (gentil) mail en précisant le nom de la soirée, votre nom ainsi que celui de la personne vous accompagnant à l'adresse suivante :

highfiveblog@gmail.com


Fin du concours ce Jeudi à 13 heures.
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Line-up : 

Nu (live)
Oskar Offermann
Murat Kilic
Pepperpot




Pour cette HELLO nous invitons nos amis du très bon label berlinois WHITE MUSIC. Nous fêterons également l’anniversaire de notre résident PEPPERPOT. Une double occasion pour venir faire la fête avec nous jusqu’au bout de la nuit…
NU est un véritable phénomène !!! Ce péruvien qui vit à Berlin est un nomade des temps modernes…
Seul ou en collaboration avec Acid Pauli, sa musique a fait le tour du monde en s’inspirant et s’enrichissant de continent en continent.
Posées sur de solides rythmes, la diversité des productions de cet ingénieur du son mélangent des instruments acoustiques à des sons profonds et envoutants.
En moins de 3 ans NU a publié 4 projets de LIVE sur Soundcloud qui ont générés 450 000 écoutes !!!!
“La Primavera” reste pour nous la grosse claque de 2012. La quasi totalité des morceaux de ce live ont depuis été signés sur Crostown Rebels, White, Bar 25, Kindisch, Dantze…
Un artiste rare à Paris qui jouera pour la première fois au Rex.
Artiste fort apprécié en France, le berlinois OSKAR OFFERMANN revient à une HELLO pour notre plus grand plaisir.
La qualité musicale de ses DJ sets et le buzz grandissant autour de cet artiste l’amène à jouer dans les meilleurs clubs européens.
Pour son retour au Rex, il nous fera découvrir ses dernières réalisations, ou re-découvrir son excellent premier album “Do Pilots Still Dream Of Flying?” sorti il y a quelques mois sur son label WHITE MUSIC.
L’Australie sera représentée par MURAT KILIC. Outre de belles productions sur de nombreux labels (Still Vor Talent, Kaato Music, Beef Records…), il est considéré comme l’un des meilleur Dj de son pays. Son dernier passage dans la capitale l’année dernière avait fait l’unanimité…
De retour en Europe pour une tournée de 10 dates, il était donc évident qu’il repasse par la case HELLO. Un artiste du bout du monde à découvrir ou à re-découvrir…
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Un mot une image : Tim Walker




On vous présente en ce mois de Mai le photographe anglais  Tim Walker. Un photographe que l'on aime particulièrement ici, et ce depuis Les Rencontres Photographiques d'Arles il y a quelque années. 
En mots et en images !


Peter Ilyich Tchaikovsky



Colin et Chick



Joyeuse funéraille



Réponse



L'au-delà



Ariel Pink




Des Races.
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Ron Mueck à la Fondation Cartier





Ron Mueck, Still Life, 2009.

La Fondation Cartier pour l’Art Contemporain invite le sculpteur australien Ron Mueck. Jusqu’au 29 Septembre 2013, 9 œuvres sont exposées sur deux étages. Un documentaire inédit de Gautier Deblonde filmant le sculpteur dans son atelier vient compléter le tout.




Ron Mueck est un artiste fascinant. S’intéresser à sa vie peut constituer le premier pas vers la compréhension de son œuvre. Mueck est devenu artiste sur le tard. Né en 1968, ce n’est que 38 ans plus tard qu’il commence à réaliser ses premières sculptures et s’inscrit alors dans le mouvement de l’hyperréalisme. Mueck connaît pourtant bien le corps humain, ou ce qui s’en approche. Son activité professionnelle commence avec la modélisation de marionnettes pour la télévision, notamment pour la série bien connue des Muppet Show. Mueck ouvre ensuite une société de mannequins confectionnés, ces derniers étant photographiés dans un but publicitaire. On comprend ainsi que l’artiste australien a très tôt su modéliser et réaliser ce qui paraît humain. Il a travaillé avec des matériaux l’ayant mené progressivement vers la sculpture Une fois bombardée artiste, le succès vint facilement. Sa première sculpture Dead Dad lui vaut une notoriété à Londres. Les expositions suivent sans toutefois faire étalage d’une œuvre abondante. Et pourtant le public se presse, en témoigne les longues files d’attentes jouxtant La Fondation Cartier.



Il faut souligner à grand trait la patience de Ron Mueck. L’artiste prend son temps. En près de 20 ans de carrière, son œuvre ne dépasse pas les 38 sculptures. L’exposition à la Fondation Cartier n’en présente d’ailleurs que 9, dont 3 crées pour l’occasion. On perçoit davantage sa formidable patience à travers le documentaire de Gautier Deblonde. Accompagné de ses deux assistantes, Mueck construit sculpture après sculpture au terme d’un long processus. Son modèle est d’abord photographié à l’image de cette femme portant son bébé et ses courses à bout de bras aperçu dans la rue. Il faut ensuite dessiner les courbes, les rides, le personnage. Le dessin prend forme et s’incarne alors dans une maquette. C’est au tour de l’argile, façonné avec précision, presque méthodiquement. La sculpture prend là ses premières expressions, et le corps ses primaires postures. Un modèle à l’échelle voulue est construit. Il reste alors le plus gros du chantier. Ron Mueck doit s’atteller à donner vie à son sujet. La peau craquante se sculpte, l’œil brillant ou fatigué se peint doucement. Un regard apparaît. Les cheveux se tissent pour qu’une chevelure naisse. Le corps et le visage ne suffisent pas. Viennent alors les vêtements, eux aussi peints et pourtant si réels. Les détails sont majestueux. Ce sont eux qui rendent humain ces sculptures. L’expression « il ne leur manque plus que la parole » prend tout son sens.
De même, les accessoires crédibilisent un peu plus l’objet sculpté. Ainsi, il est fort amusant de regarder avec curiosité ce que contient le sac de cette femme voutée… Une boite de beans Heinze, une orange quelque peu usée et des yaourts typiquement anglais.
Le documentaire de Gautier Deblonde nous montre avec justesse ce que les mots peinent à décrire. Les mots ne suffisent pas, ou sont parfois de trop. Le silence entoure Mueck lorsqu’il travaille. Pas un mot n’est dit, et seul l’écho d’une télévision ou d’une radio accompagne ses gestes. Ses deux assistantes semblent le comprendre ainsi. Les rapports qu’entretient Mueck avec ses assistantes témoignent d’une étroite compréhension. C’est un travail paisible, où se mêle la rigueur à la passion. Car il faut une passion indescriptible pour, jour après jour, faire naitre la beauté de ce réalisme.




Les œuvres exposées à la Fondation Cartier sont en tout point étonnantes. L’exposition commence avec ce couple, surdimensionné, visible depuis le Boulevard Raspail. Du trottoir, il semble même nous attendre paisiblement. Ce couple de gens âgé, en maillot de bains et sous une ombrelle, c’est formidable ! La grandeur de la sculpture peut sembler imposante.  Et pourtant, c’est une impression de fragilité, ou plutôt un caractère sensible, qui se dégage des sculptures. Le visage de l’homme est d’une sérénité troublante, tandis que la femme veille avec attention sur lui. Elle semble le regarder avec amour, un de ces amours polit par le temps. Un amour tendre, presque intact malgré les années. Il regarde au loin, tout en s’agrippant à son bras. Plusieurs interprétations peuvent être faites. Libre à vous…
Mueck ne donne jamais d’indices sur ses œuvres. Elles ont vocation à être interprétés librement. Il transparait néanmoins de ses sculptures, des thèmes redondants. À l’image de ce couple, Mueck questionne le temps, la vieilesse et ses marques physiques et morales. On sent parfois poindre la décrépitude. Tout ce qui fait de transforme peu à peu l’homme en graisse jaune, pourrait-on dire avec ironie. Et il y en, ça oui du sarcasme. On semble en déceler avec ce poulet plumé. Pendu comme cela, l’animal mort nous rappelle les désastres de la grippe aviaire. Ou bien est-ce un simple objet exposé, comme une nature morte ? A t-on besoin de dire que la sculpture fascine par son réalisme ? Si ce n’était que la taille …


Couple under Umbrella, 2013.

Still Life, 2009


A côté de cette charmante volaille trône une femme nue, rondouillette supportant son fardeau de bois. Cette fois ci la sculpture se veut en deçà de l’échelle humaine. On croirait la femme revenue à son état initial, à cette innocence purement biblique. Et pourtant le bois nous rappelle à l’évidence. Le bois est lourd de sens. Il est ce fardeau qu’on traîne sa vie durant, ce poids de la vie écrasant Atlas. C’est au tour de l’homme nu, mort ou presque, dans une barque noire démesurément grande. L’homme semble être résigné face à son voyage. On pense bien évidemment à la mort l’emmenant dans sa barque si longue. D’autant  que la pâleur cadavérique du personnage conforte notre impression.




Man in a boat, 2002.


Les thèmes peuvent paraître quelquefois morbide. Pourtant Mueck n’est pas si sombre que cela. Voyez ce garçon noir, gravement touché et saignant abondement. Ces traits évoquent au contraire l’inverse. Il ne semble pas souffrir. Étonné, il transpire la douceur, la tranquillité, voir même la naïveté devant sa blessure. Il existe aussi une place dans les sculptures de Mueck pour une certaine candeur, un paisible amour que partage ensuite la sculpture d’un jeune couple.

Youth, 2009

Une sculpture qui m’a particulièrement marqué. Celle de cette femme portant son bébé et ses courses. Ses mains sont accaparées par deux lourds sacs remplis pèle mêle. Le bébé est coincé avec agilité dans son manteau. Il implore du regard sa mère. Il a l’air malade, chétif et sa mère le protège du mieux possible. Ce bébé est blanchâtre. On pourrait le qualifier de laid, mais le travail de Mueck le rend malgré tout beau. De même, le spectateur se prend de pitié pour cette femme au regard fatigué. Sa tête blême et fatiguée nous parle si bien. C’est une fatigue universelle.


Woman with sticks, 2008

Comment pourrait-on alors définir l’hyper-réalisme de Mueck ? Il me semble avant tout que cela se manifeste par l’empathie que l’on éprouve pour ses sculptures. Il est quasiment impossible de ne pas se sentir proche d’elles. Elles nous renvoient en outre une image de notre monde, tantôt vieillissant tantôt accablant. Les sculptures de Mueck nous rappellent avec force ce temps qui nous vieillit, sans toutefois nous enlaidir. Enfin, les sculptures de Mueck laissent une impression longue et surprenante. Il n’est pas rare de se souvenir de ces sculptures quelque temps après les avoir vu.  L’art de Mueck n’est pas un art que l’oublie facilement. Son réalisme marque, impressionne, obsède. On ne souhaite alors que retourner contempler ses œuvres. 



Des Races.


Liens :


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808 State - Utd. State 90





Un des nombreux bastions historiques de la House music se trouve dans les hautes contrées glaciales et charbonnées du Royaume-Uni.
Manchester fut le lieu d'une émulsion musicale et créative tout à fait déterminante dans le développement du courant : on y mélangeât le rock dans lequel a toujours baigné l'Angleterre, transfiguré en New wave à la fin des années 80, et la musique électronique encore naissante ramenée par quelques badauds des Etats-Unis.
Les boîtes à rythme Roland inondent le pays suite à leur redécouverte, et inspirent le trio génial 808 State formé en 1987.
Après une première escarmouche notable et l'album Newbuild (inspirant Aphex Twin au passage), il était temps d'effectuer le retour aux sources de cette musique avec la conquête des Yankees et de composer, accessoirement, un hymne house et techno Pacific.

Les versions sont aussi nombreuses que les adjectifs qui suivent le titre mais la piste balancée à la face du monde sur l'album Ninety et le Utd. State 90 lancé aux Etats-Unis s'appelle Pacific 202.
Une nappe de synthétiseurs puissants et aériens, un saxophone qui s'imprime immédiatement dans votre cortex et une rythmique acide, foisonnante à souhait : la signature de 808 State.


On peut apprécier avec autant de bonheur les deux autres versions présentes en fin d'album, la première agrémentée d'un break incisif et la seconde comme passée à travers un filtre adoucissant les percussions pour un résultat aigre-doux sans précédent, afin d'admirer la qualité première de tout hymne électronique : sa durée de vie infinie.

 

Le reste de l'album Utd. State 90 subsiste très acid house avec des sons bruts et clairs sur une rythmique véritablement typée.
C'est la marque de fabrique de 808 State : des percussions, non pas linéaires, mais homogènes durant tout le morceau sur lesquelles se greffent des harmonies et des mélodies variant du tout au tout sans pour autant paraître inaudibles. 
L'émulsion vous dis-je, que l'ami Internet décrit comme un "mélange macroscopiquement homogène mais microscopiquement hétérogène".
Alors évidemment, à mon goût, certains morceaux semblent avoir mal vieillis, peut-être parce qu'à la sortie de ce disque je ne me baladais même pas dans le placenta de ma mère.

Qu'à cela ne tienne, il y a ici plus de réussites que d'échecs, et c'est bien l'important.
Pour une idée plus précise, voici une petite sélection, en vous invitant tout de même à écouter les doux arpèges de 808 State et leur science du rythme robotique intégralement.


En y repensant, il faudrait danser là-dessus dans une usine remplis de lasers giclant à travers les parois, avec son jogging, les Stan Smith et le bon maillot de Manchester United avec une gourmette dégueulasse autour du cou. 
A l'ancienne.



Matthieu
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Une conversation avec les Sucré Salé







Rencontre avec le duo des Sucré Salé avant la French Kitchen de ce Vendredi 03 Mai.

On a récemment discuté avec le duo parisien Sucré Salé (Romain et Nicolas) sur le renouveau de la vie nocturne parisienne, notamment grâce à leurs soirées CocoBeach. L’occasion rêvée de découvrir deux grands passionnés de musique électronique, mais aussi un label unique, « French Kitchen » au fort potentiel.
La cuisine française musicale est bien évidemment à l’honneur, on n’aurait tord de se mettre au régime.



Moi : Salut les « Sucré Salé », vous venez de fêter votre anniversaire au Pigallion, le 30 mars dernier. Racontez nous un peu.

Romain : C’était très sympa, on s’est bien marré, ça nous a fait de jolies retrouvailles. Nous n’avions pas joué ensemble depuis quelques mois, Nico étant parti se planquer du froid, alors évidemment c’était un plaisir de se retrouver.

Nicolas : C’est vrai que tous les ans je m’échappe quand la neige arrive. J’ai du mal à supporter le froid. Je laisse Romain seul face aux intempéries sans son acolyte de platines.
En ce qui concerne la date, ça n’est pas le meilleur "lieu" mais c’était amusant de faire ces retrouvailles à l’occasion de la We Want Dance.


Moi : Quelle lieu auriez vous préférié?

Nicolas : La CocoBeach, au soleil avec une bouteille de rosé !

Romain : Sûr !

Nicolas : Mais cette soirée était bien cool, un beau bordel ! On a revu tout le monde. Aux côtés de Danny Faber en plus qui est un type du genre de ceux qu’on aime à découvrir. Merci à Philipe !


Racontez nous comment s’est formé le duo ? Pourquoi avez vous choisi ce nom si savoureux?

Romain : Il faut remonter en 2009. Je me rappelle que quand j’ai rencontré tonton, « Nico », on prenait rendez-vous pour produire le soir, tard. Chaque début de production commençait d’abord par un bon dîner, « la bonne bouffe » inspirante ! Celle ou on se faisait écouter les loop du moment. Une fois le ventre plein, on en avait généralement sélectionné une qu’on développait pendant des heures et des heures sans réel fin si ce n’est le petit matin. C’est un peu comme ça qu’on a commencé à filer des noms de plats à nos productions.

Nicolas : L’idée étant que plus la recette du dîner était élaborée, plus le morceau l’était aussi. Parfois on se faisait un simple plat de pâtes, le délire était alors seulement minimal. Ou bien nous cuisinions un poulet basquaise et l’ambiance tendait vers des rythmiques beaucoup plus complexes. Le morceau était plus construit, plus recherché, plus posé. Comme la sieste à laquelle on pensait ! Non, je rigole ! Mais je suis sûr qu’à regarder, on n’est pas loin de la vérité.


Lequel de vous deux cuisine ?

Romain : Nous cuisinons tous les deux. On s’est vite aperçu que nous étions de bons cuistots.

Nicolas 
: Romain cuisine plus souvent. Moi je mange ensuite… derrière Ableton Live.


Cela peut tout de même vous jouer des tours. Lorsque l’on mange trop, c’est fatalement la sieste.

Nicolas : Oui c’est ce que j’expliquais. C’est arrivé souvent. L’un s’endormait pendant que l’autre produisait. De temps en temps, l’autre se relevait et prenait la relève. Celui qui s’était endormi avait raté trois heures de productions et redécouvrait le morceau, puis le continuait. Et ainsi de suite…


C’est très complémentaire.

Nicolas : Ca peut effectivement l’être. Mais ça ne marche pas à tous les coups. C’est le côté côté Sucré Salé justement. Les opposés s’attirent et s’assemblent, parfois en bien d’autres fois en mal. Il faut trouver l’équilibre. C’est un peu l’idée du label French Kitchen… Associer des artistes dont les styles totalement différents nous donne un panorama de saveurs musicales qui doivent évidemment fonctionner ensemble.

Romain : Finalement, ce que Nico est en train de vous dire c’est qu’on a jamais quitté cette idée de cuisine techno…

Nicolas : De recette musicale électronique ! Un bon son est un agencement d’ingrédients multiples sans aucun doute. C’est juste une façon de le dire mais ça marche à tous les coups.


Procédez vous toujours de la même manière maintenant ?

Romain : C’est aléatoire. On essaye de trouver le temps pour la fameuse « bouffe ». Mais c’est différent, on a malheureusement moins de temps…


Vous pouvez toutefois organiser un festin pour fêter cela.

Nicolas : On préfère ouvrir une bonne bouteille de rouge et travailler en même temps.

Romain : Du coup tout devient bien, on écoute tout avec plaisir ! :)




Il y a quelques jours, la CocoBeach a rouvert ses portes pour sa IVeme saison. Comment cette soirée là a t-elle commencé ?

Nicolas : On a commencé en 2010 je me souviens. On organisait déjà quelques soirées depuis 2005. C’était néanmoins quelque chose de plus aléatoire à l’époque, un peu au feeling, lorsque l’on sentait qu’un DJ était sur Paris et qu’il était disponible ou encore que nous trouvions un "Lieu" sympa. On avait fait cela dans des petites salles, notamment à la Scène Bastille. Ou encore dans des hôtels, on cherchait des lieux insolites.  On a notamment organisé des soirées dans les backoffice d’Hotels Quatre Etoiles. Ça c’était chouette !


Dans quels hôtels notamment ?

Nicolas : Je me souviens du Lumen, rue des Pyramide en 2008 notamment. La soirée s’appelait HoT TiMes parce qu’il faisait chaud à crever dans leurs trucs. Le patron n’avait pas de fric pour sa clim. On s’est peu à peu forgé un réseau. L’envie nous a alors pris de se rassembler le dimanche et d’écouter de la musique avec nos potes au soleil l’été. On  a donc trouvé un premier lieu, Le River island (village thaï pour certains) qui se trouvait à Ivry, hors de Paris. On avait dans l’idée d’organiser une réunion de nos copains DJs parisiens et de se retrouver simplement le dimanche. Ca existait déjà, c’était la bien connue « Terrassa » à l’époque, mais c’était déjà trop commercialisé. Il y avait déjà des DJs connus du monde entier. Nous étions davantage porté sur une réunion de copains.

Romain : La première année était exclusivement française d’abord en petit comité.

Nicolas : La première soirée a réuni une cinquantaine de personne. Puis la seconde, environ 200. La troisième s’est agrandie à 800. De fil en aiguille, plus cela grossissait et plus cela prenait de l’ampleur. L’effet boule de neige. On pouvait alors inviter des DJs plus connus. Cela pouvait faciliter les rencontres avec les réseaux parisiens, et montrer les DJs que nous aimions.


Qui avait vous réunis ?

Nicolas : Au début de la deuxième saison, en 2011, on a pu faire venir des artistes de Berlin que nous apprécions beaucoup. A l’époque, nous étions davantage orienté vers la minimale house. Il y avait beaucoup de gens du label HighGrade, tel que le désormais très connu Sacha Braemer. Il y avait aussi du cocoon, je me souviens de cette soirée incroyable aux côtés de André Galuzzi.

Romain : Niconé ! Alejandro Mosso ! Guido Schneide…

Nicolas : Le premier invité fut Giuseppe Cennamo. On fit la soirée la veille de la signature de son premier EP sur Desolat (le label de Loco Dice). C’était encore un petit gars. C’était fin 2010. On communiquait souvent ensemble et je lui ai proposé de venir un jour jouer avec nous. Il a dit oui tout de suite et deux jours après il était dans l’avion.
L’été suivant on a reproduit le même schéma. On faisait venir un artiste, puis deux artistes, puis trois, le tout accompagné d’artistes locaux. La sauce est montée. On a alors pu faire venir de plus gros labels, tel que Cocoon, ou encore Cadenza tel que Ernesto Fereira ou Digitaline. On a fait tout ceux que l’on aimait particulièrement et qui n’était pas encore connu. Je me souviens m’être régalé à voir les gros clubs se faire la guerre pour faire certains artistes en premier à paris alors que nous les avions fait jouer quelques mois auparavant en petit comité. Le côté un peu secret ! :) C’était rigolo. Je pense à des mecs comme Tom Demac, Cosmin Trg, ou encore Makam devenue une grosse star depuis. Ce qui fait plaisir c’est que certain ne ratait pas une occasion de nous rappeler dés qu’ils étaient à Paris pour nous voir. On est resté en très bons termes avec quasi tous.


Qui est au programme cette année ?

Nicolas : Beaucoup sont devenus des potes et reviennent. Beaucoup ont signé notre label, et ont une «  résidence ». Sur la première, on a Niconé et Phillipe Bader. L’exemple type. En l’espace de deux ans, ils sont devenus des « superstars » mais vont jusqu’à annuler des dates pour venir nous retrouver aux commandes de la coco et ça, ça fait plaisir ! Ils ne viennent pas seulement pour la soirée, pour repartir le lendemain matin. Ils restent deux à trois jours avec nous. On s’enferme alors dans le studio, on fait les cons … De temps en temps il y a bon trucs qui en ressort, comme notre prochain vinyl sur le label de Niconé et Bader, « caviar champagne » dont ils ont fait un remix costaud
Cette année, on a toutefois de très, très gros DJ. À booker les petits DJ de gros labels, l’information remonte vite. Les patrons des gros labels reviennent vers nous et nous disent «  J’ai entendu dire que c’est bien chez vous, je serai ravi de…».
Cette année il se pourrait que vous soyez surpris mais nous n’en disons pas plus


Au départ, vous étiez donc sorti des murs de Paris pour commencer à Ivry. Vous participez avec joie au renouveau de la scène de Paris. Que pensez-vous de cette renaissance ? Paris renaitrait-il de cendres ?

Romain : Il était difficile de déplacer des gens à l’époque, surtout à Ivry. Les réseaux sociaux ont beaucoup aidé à la communication dans la nuit parisienne. Mais il n’y a pas que cela. Un véritable engouement est né. Les gens s’intéressent davantage au DJs, et recherchent une atmosphère particulière dans ce milieu qui dépend des gouts de chacun. Encore une histoire de cuisine ! Je suis fier de ce que font les parisiens en ce moment. J’espère que cela va continuer et que ce n’est pas uniquement un phénomène de mode.

Nicolas : Je suis tout à fait d’accord. Cela fait deux trois ans que Paris se bouge. Les gens sortent au delà du Vendredi et Samedi soir. Les gens s’interrogent sur les personnes bookées, sur les artistes, en tout cas chez nous. Ils recherchent leurs morceaux, écoutent leurs sets. Ils se renseignent, cherchent les soirées atypiques et délaissent les gros clubs au profit des lieux atypiques. On ne sort plus seulement pour draguer. Il y a un engouement pour la musique électronique c’est certain.
Tout le monde le dit en Europe. Actuellement, c’est assez courant  d’entendre que Paris bouge.


On dit souvent qu’il y a un son propre à Berlin, comme il y a un son propre à Londres. Existe t-il un son uniquement parisien ?

Nicolas : C’est certain.


Comment le définir ?

Nicolas : Il est éclectique. Le son parisien, c’est un ensemble de couleurs, faits de multiples collectifs. Plus que le son en lui même, il existe une atmosphère parisienne unique. Le son berlinois est assez formaté, absolument génial mais formaté à mon goût. On sait que le style de musique va taper, sec, que cela sera très techno. A Londres, il y a les warehouse et leur deep-techno. On est resté très house à Paris.
Ca évolue selon moi dans tous les styles depuis quelques temps. La Concrete met un joli coup de collier sur la techno. Je leur tire chapeau bas. Ils éduquent les gens. Ils ont choisi leur créneau. C’est cool car cela se perdait. Cela montre que l’on peut faire du clubbing avec de la techno.


Ils ont toutefois des line-up plus orienté vers la house.

Romain : Je m’aperçois que les gens sont dans une recherche de ce qui se passait avant. Les DJ’s ressortent des vieux skeuds. On recherche ce qui se faisait à la base un peu plutôt que de découvrir de nouveaux artistes. Je suppose une phase transitoire avant un véritable renouveau. C’est amusant.


Cela me rappelle la récente interview de Jeremy Underground Paris pour Resident Advisor. Il disait notamment vouloir ressortir des vieux sons des années 90, d’une époque dorée pour la house américaine.

Romain : Il y a tout d’abord la culture et peut être un aspect vintage, plus commerciale. Il y a cette phrase facile à dire, « c’était mieux avant ! ». Je dirai que « c’était différent ». On a grandi avec ce type de son. C’est notre madeleine de Proust. Une petite madeleine de Proust sur quelque tracks, cela fait toujours du bien.

Nicolas : Je ne suis pas tellement d’accord pour dire que cela était mieux avant effectivement. Je pense que cela évolue. Les sons sont bien plus riches aujourd’hui. Il est fou de voir  ne serait-ce que les techniques de production. La recherche se complexifie.
Pour autant, un son simple, à l’ancienne, marche tout aussi bien. On écoutait hier des vieux morceaux des années 1995, dans ces eaux là. Des morceaux produits alors même que nous étions encore trop jeunes pour sortir en boîte. Ces sons là sont incroyables, et pourtant ils n’ont que trois notes. Je pense à « the big fake », Red Kult ou encore azuli. 9a fait toujours chaud au cœur de les entendre !


L’évolution actuelle doit beaucoup à l’ordinateur, non ?

Romain : Les gens étaient pourtant dépendants des machines analogiques. L’ensemble de la musique électronique découle de ces machines. Ces machines là étaient accessibles. C’est bien plus pratique que d’appeler et payer un batteur. La machine synthétise le batteur.


Techniquement parlant, comment produisez vous vos morceaux ?

Romain : L’ordinateur est maintenant le cœur du studio. Il est accompagné de machines. On bosse beaucoup avec un Motif Rack-XS, c’est un synthétiseur numérique. On a aussi le Slim Phatty de Moog. Les rythmiques sont parfois prises par samples. Le cœur du studio est néanmoins l’ordinateur. Dire que nous ne produisons pas sans ordinateur serait mentir.  

Nicolas : C’est même obligatoire.



Parlez nous de votre label French Kitchen.

Nicolas : French Kitchen est le résultat de quatre années, de productions, de rencontres et de fêtes. Le label s’inscrit parfaitement dans le concept de cuisine musicale, on voulait que cela soit un label qui n’ait pas forcément une tendance particulière. Je ne veux pas que l’on catégorise French Kitchen comme un label uniquement orienté vers la deep house ou bien la techno. Pour moi notre label se devait d’être fédérateur. Un mix de styles pour une explosion de saveurs. On dirait un slogan de pub !


Le label ne s’attache pas à un genre particulier.

Nicolas : Tout à fait. Le label existe grâce à tout ces gens que nous avons croisés, avec qui nous avons parfois partagé des moments forts. Il est important pour nous de diversifier nos genres. On adore jouer au warm-up cocobeachiens, au soleil, des sons deep avec beaucoup de vocal. On aime aussi tabasser tout le monde avec de grosses basses technos quand l’heure est venue.
C’est l’avantage du duo. On a chacun nos périodes. Le concept de Sucré Salé tourne autour de ces ingrédients qui s’assemblent.

Romain : On parlait du label depuis des années.  Ce n’était pourtant jamais le bon moment et puis un jour Nico s’est pointé en disant on y va. On avait un track, on a demandé à nos copains dj’s de produire quelque chose qui leur ferait penser à Cocobeach et le premier various est né.

Nicolas : Tous les DJ’s de nos soirées nous demandaient années après années pourquoi ne pas réunir les mêmes artistes sur un même label. Je l’ai sentie l’année dernière, on s’est lancé !

Romain : Et tous disaient oui sans même réfléchir. Le morceau était validé d’avance. Les artistes nous connaissaient tous plus ou moins très bien.



Quelles sorties préparez vous sur le label ?

Romain : Des choses vraiment chouettes ! On est en pleine préparation, et nous passons bientôt au mastering.

Nicolas : On va faire un vinyl qui s’appellera French Kitchen Limited, comportant uniquement nos morceaux. Ça c’est la prochaine étape. Le concept du limited c’est vinyl only, à quelques 200 exemplaires, pour le plaisir !

Romain : Rappelons que French Kitchen est uniquement un label de « Various Artists ».

Nicolas : Pour French kitchen, chaque sortie comportera trois à quatre artistes différents. Il y a donc eu le numéro un avec Michael Melchner, Giuseppe Cennamo, Alejandro Mosso qui commence à briller… Vid qui est un artiste roumain.
Bien évidemment il y aura notre collectif d’artistes parisien que l’on veut mettre en avant. Il s’agit de Nox, Arno Kamaz qui sont tous résidents à droite et à gauche. On les a fédéré autour du label. La première nuit du label sera au Showcase le 03 Mai.
La prochaine sortie sera avec Niconé, Phillipe Bader et un track d’Andri qu’on adore, qui fait 18minutes et qu’il n’a jamais réussi à sortir à cause de ça. Il n’y a pas de remix ou autre, c’est un various artists.  On va aussi sortir quelques EP exclusivement tourné vers divers artistes parisiens. On met en avant les artistes de notre crew. Enfin, il y aura une sortie plus underground avec un morceau de Ferro. Il est hollandais, on l’apprécie beaucoup.

Romain : Tout cela avance bien. La release numéro deux est prévue pour les prochains mois, la trois suivra vite. On va accélérer la cadence. Le premier était un double various, il fallait laisser au gens le temps de connaître notre direction. On a sorti un double maxi, c’est imposant pour une première sortie. Cela ferait presque prétentieux.

Nicolas : Cela coûte cher aujourd’hui de faire du vinyle ! Mais quel plaisir d’avoir tous ces objets …


Avez vous le même gout du vinyle dans vos sets ?

Romain : Ouai !

Nicolas : Il y a un peu de tout. On peut très bien mélanger les genres. Je n’ai pas envie d’affirmer que je mixe seulement sur vinyles. Ce sont des conneries. Les plus gros artistes, des stars internationales, jouent souvent sur Traktor. Sven Vath et Ricardo Villalobos jouent sur vinyles, c’est vrai. Mais Loco Dice joue bien sur Traktor, Matthias Tanzman, Damian Lazarus, Seth Troxler etc… Il y a de tout. Le vinyle reste avant tout un support. Traktor nous permet quelque chose de génial, utiliser des promos, des sons que personnes d’autres n’a et que nous seul ou presque à jouer. C’est un peu ça aussi être dj, aller fouiner pour trouver des trucs inconnus et se faire son propre univers, non ?


Quels sont vos adresses personnelles  pour acheter quelques vinyles ? Où allez-vous lorsque vous désirer fouiller des bacs ?

Romain : Chez Synchrophone. Après il y aussi La Source, le magasin joignant DDD et Smallville Records Paris. Le magasin est plutôt cool, j’y ai acheté pas mal de skeuds. C’est sympathique de voir s’ouvrir des magasins à Paris.
Je t’avouerai que Decks propose aussi énormément de bonnes choses.


C’est tout aussi pratique de les recevoir chez soi.

Nicolas : J’aime bien  aussi me déplacer. C’est amusant car nous achetons plus de vinyles lorsque nous sommes à l’étranger qu’à Paris.




On a beaucoup parlé de complémentarité pour qualifier votre duo. Vous ne vous êtes jamais encore tapé dessus ?

Romain : Non !

Nicolas : On s’est déjà engueulé pendant des sets.

Romain : Surtout lorsque l’un est trop allumé, notamment moi.  Il m’est arrivé de jouer complétement bourré… Shame on me ! J’ai eu ma période où j’y allais un peu costaud sur les verres. Vaut mieux ça qu’autre chose mais bon…

Nicolas : Mais bon !... C’est vrai qu’il est malheureusement arrivé de rater des sets. Si l’un de nous n’est pas dedans, que son humeur diffère,  voir même une baisse de forme. Parfois nous n’avons pas le temps de nous voir avant et nos délires sont contraires. Mais c’est aussi ce qui peut faire notre force.

Lalie : Mais si je peux me permettre, c’est la force du duo. L’un soutient l’autre et arrive à le remettre dans le droit chemin.

Nicolas : Il nous est arrivé de sortir d’un set énervé.  On avait clairement fait de la merde. C’est devenu rare.


Cela vient avec l’expérience.

Romain : Nous sommes deux personnes aux caractères différents. Cela peut partir dans un sens et dans un autre. Mais il faut toujours rester ouvert. On construit un set avec des propositions.


Compte tenu de la dualité de Sucré Salé, faites-vous parfois des back-to-back avec d’autres artistes ?

Romain : On en fait à titre individuel. Le dernier que j’ai fait était un B2B avec Giuseppe à Naples.

Nicolas : On est assez perso.
On va néanmoins casser le duo pour la Label Night du 03 Mai au Showcase. L’un avec Nox, et l’autre avec Marcelo Cura.

Lalie : Tous les DJ du label porteront une toque de cuistot ce soir là !


Cela peut être compliqué pour mettre son casque. Pour clore cette discussion, nous avons pour tradition de poser une question bien précise. Danser toute la nuit, jouer, s’amuser donne nécessairement faim. Quel est votre plat favori pour se remettre d’aplomb le lendemain ?

Romain : Un truc lourd. Le matin, après une longue nuit, il me faut du pain, du beurre, du fromage, des œufs. A la bonne franquette ! Et hop du repars faire la sieste.

Vincent : Moi je préfère un petit-déjeuner préparé par ma femme, avec en fond sonore du Robag Wruhme, du Dominik Eulberg… Des sons un peu perchés, très mélodieux à boire avec son petit café au lait et deux trois tartines.


Merci à vous Sucré Salé. On se voit donc Vendredi pour la réunion FRENCH KITCHEN au showcase. Le mot du jour ?

Romain : Basse !
Nico : beat…



Un grand merci à Lalie, qui a pu organisé cette interview ainsi qu’à notre bien aimé Jack Haze.





Liens :

Sucré Salé sur Soundcloud, Resident Advisor.
French Kitchen sur Soundcloud, Facebook, Resident Advisor.
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