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Roberto Saviano - Vieni via con me








Certaines lectures rappellent le « J’accuse » de Zola. Les mots, les phrases qui accrochent une vérité et le poison indélébile qui s’extraie bouleversent le lecteur. Ce sont des livres propres aux terrains foulés sans jamais être rebattues. Depuis son premier livre, Gomorra, l’écrivain italien Roberto Saviano s’inscrit dans la lignée d’Emile Zola. Il n’a de cesse d’éveiller les consciences, de se battre pour ne pas devenir un rien.

La vie de l’auteur a été bouleversé par son premier écrit. Le succès a suscité la rancune de ceux qu’il attaquait. A la suite de la parution de Gomorra,  la Camorra a mis à prix la vie de l’écrivain. Depuis, Saviano vit depuis sous protection policière, balloté tous les trois jours de lieux en lieux. Jugé coupable de donner la parole aux innocents, ses écrits lui ont apporté la légitimité. Saviano a donné la parole à ceux qui ne vivaient pas, à ceux qui se battent en silence, dénonçant le système italien corrompu par la mafia.

Après Gomorra puis Le contraire de la mort et La beauté et l’Enfer, le quatrième roman de Saviano est celui de l’espoir. Un espoir sombre, sourd à la joie et qui se nourrit d’infimes victoires. Tout part d’une émission de télé, Vieni via con me, littéralement « viens, pars avec moi » diffusé en 2011 sur la Rai Tre. Le projet de Saviano a pour but de raconter une autre Italie. Celle qui fait écho aux 150 ans de l’Italie, qui rappelle que l’unité a été historiquement acquis depuis le Sud. Saviano concilie le Nord et le Sud, crie avec force son amour pour une patrie « une ». Ses mots lacèrent les chemises vertes de la Ligue du Nord, s’ancrent avec force dans un amour sain. On imagine alors voir Saviano arriver sur les plateaux de télévision, le drapeau flottant sur ses épaules, et sans être ridicule.

Les combats que mènent Saviano sont multiples. C’est d’abord sa lutte contre « la machine à salir ». Il s’agit du « mécanisme grâce auquel on parvient à diffamer n’importe qui ». L’auteur lui même en subit les effets. La force de Saviano n’est justement de ne pas raconter ce qu’on lui fait subir. L’histoire du juge Falcone suffit seule à montrer qu’un combat juste n’est pas toujours perçu comme tel. Que la population, les hommes politiques peuvent vous salir alors même que vous nettoyez la société. Bien avant que le juge anti-mafia et son travail soit canonisé, lavé dans le plus blanc des linges, Saviano rappelle combien le juge avait été critiqué. On avait prit vivante la vie publique d’un homme bien avant que sa mort seule vienne blanchir ses actes. Avec comme ligne de mire cette règle absurde : il faut être tué pour qu’un combat devienne juste.

Saviano s’oppose avec force à ce consentement. Il s’oppose aux « non-dits », aux laisser-faire, à ceux qui disent ne pouvoir rien y changer.
Saviano ne raconte pas que des histoires de mafia. Il raconte des histoires de combats, celle des justes. Celle de Piero et Mina est bouleversante. Piero est atteint d’une paralysie progressive  et perd peu à peu la vie. Mina s’ingénue à lui restituer. « Si tu ne peux pas aller à la chasse, on ira à la pêche ». Peu à peu Mina et Piero se battront pour « le droit de débrancher ». Les deux amants combattaient pour acquérir un droit, tout comme Saviano combat.
Il nous rappelle alors ces quelques mots de Piergiorgio Welby :

«  J’ai lutté, et beaucoup : j’ai cru pouvoir vaincre. En ce qui me concerne j’ai fait mon possible … Ne pas avoir craint la mort, ne pas avoir cedé, avec un visage ferme, avoir préféré une mort courageuse à une vie lâche. »

Ces mots pourraient être ceux du combat de Saviano. Quand il s’attache à décrire la mafia calabraise trop méconnue (la ‘Ndrangheta), quand il raconte l’histoire des ordures de Naples ou quand il décrit avec raideur l’achat des votes par la mafia, Saviano est enragé. Ses mots battent d’un sang limpide les concepts de Démocratie et de Justice. La force des bonnes histoires est de concevoir une réalité qu’on ne pourrait aborder autrement. Et Saviano ouvre les portes d’une réalité visqueuse, grise.

Alors quelquefois l’auteur nous donne le courage, l’espoir d’entrevoir une éclairci dans ces nuages de plomb. A ceux qui penseraient que le phénomène mafieux s’arrête aux frontières italiennes, la France aussi est touché (voir sa préface à l’édition française. A ceux qui se tairaient car « l’on ne peut rien faire », Saviano refuse de devenir un « rien-du-tout ».
Comme Zola et son J’accuse, Saviano a retourné l’opinion. Un soir de demi-finale de la ligue des Champions, l’émission de télévision Vieni via con me a réunit 11 millions de téléspectateurs. Roberto Saviano témoigne de cette force du récit, ce récit qui vous bouleverse et change votre vision du monde.


Roberto Saviano à propos de la 'Ndrangheta (en italien)

Le livre : Roberto Saviano - Le combat continue (Laffont, 2012), 
traduit de l'italien par Marguerite Pozzoli.

Des Races.
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Daniel Rossen





Silent Hour / Golden mile - EP

Je ne sais pas trop comment exprimer ce que me fais éprouver cette musique, je risque de l'entacher. C'est pur, simple et beau. Cela m'emplit de joie et à la fois de mélancolie. Ca pourrait paraître un peu niais, mais c'est réellement ça.
C'est tout simplement merveilleux, et plus on écoute cette EP plus on découvre les profondes subtilités et la téchnicité de la musicalité, à quel point tout est parfaitement imbriqué.

Il est vrai qu'à la suite de Department of Eagle et Grizzly Bear, on n'en attendait pas moins, mais après tant de bonnes choses on appréhende toujours la nouveauté.
Ce quelque chose d'entraînant demeure toujours présent dans sa musique.
On n'est donc pas déçu que ce grand homme se soit lancé en solo et que cela ait réussi.
(Néanmoins nous serions très faché qu'il ne revienne pas à Grizzly Bear..)

Saint Nothing

Golden Mile

Silent Song

Anoushka

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To prevent oblivion





Ratna Raghia Dushalda

C'est le seul artiste qui a attiré mon attention à la rétrospective "Histoires de voir - Show and Tell" à la Fondation Cartier (15 mai-21 octobre)
Je ne sais presque rien de lui, si ce n'est qu'il est indien, né au début des années 1950 dans le district de Thane et décédé en 2003 dans ce même endroit.
Cela me fait penser à une robe de mariée en filet de pêche de soie.

Ces œuvres faites de motifs répétés sont d'une étonnante beauté à mon goût, surtout au milieu de tous ces autres artistes qui ne méritent malheureusement pas le détour. On peut néanmoins noter la beauté de l'endroit.



Tindersticks - Another Night In (1997)
(avec le film La fille sur le pont -Daniel Auteuil et Vanessa Paradis- parfait assemblage)


Kendal Johansson - Blue Moon (2010)


Sylvain Entressangle


Tennis - Origins (2011)


Anoushka
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À prendre et à garder





On ne peut pas dire qu'il était quelqu'un de généreux, bien au contraire il avait plus l'habitude de ne rien partager et de profiter de chaque miette qui lui était offerte.
Nostalgique des grandes heures il savait aussi se projeter dans l'avenir et se morfondre dans le présent. Son rêve bien que celui de nombreuses personnes était une vie en noire et blanc, sans saveurs et sans artifices. Mais là où cet homme se démarquait des autres c'est dans sa volonté d'imposer le silence, les bouches ne seraient plus qu'un argument de beauté et non un instrument. 
Un monde muet ? Pas exactement, dans ses rêves les plus fous il imaginait l'ersatz parfait, tout l'inverse d'une pale copie, quelque chose d'attrayant et de peu conventionnel.
Si bien qu'avec du recul, ce désir quelque peu égoïste s'accordait parfaitement avec la personnalité d'un marginal, coupé des moeurs et qui avait une idée bien précise en tête.
Il avait imaginé une mélodie atemporelle qui malgré sa longueur latente illustrait l'oeuvre de toute une vie.
Lorsqu'on interrogeait ses proches qui se comptaient sur les doigts de la main, tout ce qui ressortait ressemblait plus à de la rancoeur que de la tristesse.
Face à ses convictions, désespérément incompris, il s'en allait et laissait derrière lui un semblant d'inachevé au fond d'un carton poussiéreux et terriblement seul.


1. Été pluvieux - Dirty Doering
2. Balade Triste - Qmusse
3. Zum Schafott - Emil Berliner
4. What I Do - Delano Smith
5. You Make Me Feel - Mike
6. Feel Good (Emil Berliner Remix) - Olaf C
7. Midnight Hours - Delano Smith
8. Spoons - Rudimental
9. Want You In My Soul - Love Birds feat. Stee Downes

Thibault

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Vidéos du dimanche







Porcelain Raft - Unless you speak from your earth


Twin Shadow - Five Seconds


Beirut - A Sunday Smile


Anoushka
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Robin Eley





Il me semble qu'à la vu de l'oeuvre de Robin Eley, on est tout d'abord étonné.
Car ce sont des peintures.
Quel genre de peinture? De l'hyper-réalisme peut être? Un réalisme quasi-photographique ?




        Petit rappel : hyper-réalisme - superrealism/ photorealism ; mouvement artistique américain des années 60, dont la sculpture de Duane Hanson, Supermarket Lady en est une parfaite représentation. Elle doit certainement vous dire quelque chose n'est-ce pas? Vous l'avez certainement rencontre dans vos manuels d'Histoire de collège..
C'est d'un mauvais goût certain.
L'oeuvre de Robin Eley n'a certainement rien à voir avec celle de Duane Hearson si ce n'est la volonté de l'exactitude de la représentation.
Ou peut-être ferai-je mieux de le comparer à Jacques Bodin, peintre français figuratif du XXe.

Dans les peintures de Robin Eley,  je m'y retrouve beaucoup plus, le kitsch est le mauvais goût ne sont ici aucunement de mise. La sérénité y règne malgré cet sensation de claustrophobie générée par le plastique oppressant les sujets.


Que l'on aime ou non, c'est techniquement bluffant.
On a tant de mal à croire qu'il est possible de reconstituer l'effet "plastique"avec tant d'exactitude, que cette vidéo est la pour nous en convaincre.



Et voici l'artiste :

Anoushka


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Au mérite, Double Hill





C'est assez fantastique, cette sensation que l'on peut avoir lorsqu'on trouve la Saint Graal.
Pourtant ça date légèrement et pour ma part j'ai ou non la chance de l'écouter que maintenant.
Double Hill pratique la House avec une main de maître parce que oui au final c'est bien tout un art, une manoeuvre millimétrée qui exige une concentration parfaite. Soul Clap et Nicolas Jaar pourront en témoigner, ils ont tous une certaine connexion chez Double Standard Records.

On lui pardonnera quasiment tout, même si les titres de l'EP ne sont pas tous d'exquises friandises, ceux qui retiennent l'attention font rapidement oublier les dérives. Ce n'est pas commun à tous, ce savoir si particulier qui appelle à l'excitation de tous les membres du corps.
Purple Hills c'est ce voyage sensuel, où l'instrument principal au-delà des vocales langoureuses et de la boîte à rythme reste cette flute lancinante, un saxo vient parfois étreindre une emprise déjà pleine.
Certains critiqueront la lenteur apparente mais là est la nuance, si l'on passe au dessus de ces préjugés on écoute la rareté à l'état pur capable de convaincre et faire retourner de nombreuses vestes.
Et  Wanna Get joue dans la même cour, moins élaborée certes mais si entrainante, si spéciale.
Ici le synthé est la pièce maitresse d'une atmosphère cosmique, sans rire l'impression laissée est si spéciale qu'on se croit transporté ailleurs, quelque part où rien n'est négligé..
Double Hill c'est doublement beau et grand.

Thibault
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Bloom - Beach House





On ne peut qu'admirer, ne serait-ce qu'un instant, le talent de Beach House. C'est impossible autrement, à moins d'être un ignoble personnage ou d'insuffler une mauvaise foi insipide à chaque parole que nos corde vocales lâchent sur cette terre. 
J'ai dit ne serait-ce qu'un instant, parce qu'aucun album ne peut faire l'unanimité mais sur la première piste c'est encore possible et Beach House le fait avec brio. 
Loin d'être un inconditionnel du groupe, depuis sa montée en puissance avec son troisième opus Teen Dream en 2010 ou depuis ses débuts à Baltimore en 2004, l'ambiance rêveuse que souffle Alex Scaly et la voix divine de Victoria Legrand avaient déjà aguiché mes tympans, notamment sur "Norway".
C'est donc inlassablement qu'on écoute et réécoute "Myth"qui ouvre le quatrième LP de Beach House nommé avec justesse Bloom
Quelque chose de mystique et de beau entoure la musique du duo américain, imposé simplement par ce rythme pesant, haletant aux nombreuses nuances mais toujours dans une subtilité aveugle. 
En fait, rien ne vous brusque dans la musique de Beach House, tout étonne tant c'est limpide et fluide.
C'est peut-être aussi leur faiblesse, l'écoute entière de Bloom paraît un tantinet lisse mais on ne peut négliger une forte dose de talent chez ces deux-là. 
Alex Scally distille des guitares psychédéliques très eighties sur les murs sonores qu'il construit avec Victoria Legrand, dans lesquels une symbiose quasi-parfaite règne. 
Par-dessus ces coups d'arpèges, vogue une chimère vocale, la voix de Victoria Legrand semble tantôt issue de profondeurs abyssales, tantôt d'infinies voies lactées. 
Nièce de l'émérite compositeur Michel Legrand, née parisienne mais résolument américaine, on ne peut s'empêcher d'y voir une influence, même inconsciente. 
Les français sont des mélancoliques traumatisés, il y a un peu de ça au milieu de l'exaltation américaine qui émane du son Beach House.
Le tout est un bien bel album, à écouter sans modération.





Ici l'album sur Spotify



Matthieu





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Telefon Tel Aviv revient !






Non, Charles Cooper n'est pas réssucité. Malheureusement, votre prophète n'a pas choisi son corps. Dieu seul en connait les raisons.
Si Telefon Tel Aviv a bien perdu un membre rappelez-vousJoshua Eustis signe néanmoins le retour du groupe avec le remix du titre Grass de Cubenx.
Espérons que ce retour ne soit pas fortuit !



Des Races.
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Oxia - Tides Of Mind




On l'a vu il y a quelques mois le label Infiné a perdu son leader charismatique Agoria et il se murmurait sur ce blog des questionnements quant à l'avenir d'une famille entière laissée à l'abandon.
Pour être franc personne ne connait vraiment Oxia, si ce n'est un titre :  Less Time qui a longtemps tourné sur la playlist et quelques allusions par ci et par là. Alors, pour ainsi dire on sent tout de suite l'influence de l'ex-gourou de l'excellent label français, une deep-house lisse et orientée dans des recoins à la fois éclairés et sombres. Mais ce qui étonne comme ça l'était souvent avec Sebastien Devaud c'est cette capacité à passer d'un morceau langoureux les basses en prime à une mélodie au groove indéfinissable.
N'est-ce pas tout simplement une marque de fabrique même si des artistes comme Rone adopte un style propre à leur personnalité, il n'a surement rien à envier à personne et Oxia réussit à créer malgré tout une atmosphère spéciale, ombrageuse où chaque titre s'inscrit dans un récit épique.


Harmonie n'inspire pas la sympathie et pourtant au premier abord le synthé semble si attirant mais lorsque les notes de piano graves viennent s'ajouter on comprend rapidement qu'on assiste à un mélodrame noirâtre avec des basses meurtrières.
Nightfall suit cette direction et dérive peu à peu vers un esprit plus chaleureux, où des notes douces s'ajoutent aux mêmes basses qu'affectionnent particulièrement Oxia.
Les voix sont peu présentent mais marquent leur présence avec The Phoney Lullaby, dérangeant à souhait entre rythme lent et accélération instantanée, la montée est lancinante.
C'est peut-être Flying Over Time qui ravira les amateurs de sonorités groovy, la prédominance de mouvement renforce cette facette dansante du titre.
Plus rêveur, plus excentrique Sway est indescriptible, certains pourront en témoigner.
Enfin on retrouve surement une très nette influence du génial Frivolous avec Back In To The Deep  à l'image du provocateur Latitude.
Oxia apporte non pas une touche nouvelle mais un semblant d'excellence où l'oreille est toujours friande de sonorités travaillées et électriques.




Thibault




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L'Alliance Bleue





Bon, fallait bien que quelqu'un s'y colle un jour. Parlons-en comme si c'était une besogne, parce qu'inutile de vous dire que cette bizarrerie que semble nous avoir pondue Sébastien Tellier fait un peu flipper, vue de l'extérieur. Voilà que le type se déguise en gourou : on observe, dubitatif mais aussi curieusement émerveillé, le teaser "Pépito Bleu". Pourquoi pas . On comprend plus ou moins qu'il y a un concept assez chelou derrière tout ça, avec l'Alliance Bleue, enfin, finalement on s'en fout un peu et on demande surtout un bon album de notre ami barbu puisque le dernier en date, Sexuality, était quand même très solide.
Arrive donc le single "Cochon Ville", ça y est on pense revenir dans la même veine que le précédent opus : une bonne loop French Touch à l'ancienne, un beat puissant et un titre insensé. Mais une fois de plus, le bizarre te rattrape avec ces premiers mots "Prosterne-Toi Danse Rêve" scandés d'une manière chamanesque. Merde, Tellier a pris trop de zeub, et en plus il chante en yaourt. Mais le beat reste agréable.
Enfin, on connaît bien le bonhomme et on n'ose pas douter d'un certain talent, il faut donc se plonger un peu plus profondément dans l'album pour déceler quelques pépitos (vous m'excuserez bien évidemment de ce jeu de mot foireux).
Ca ne me semblait pas naturel d'en parler de manière empirique, et il faut donc préférer une écoute linéaire, puisqu'à première vue on nous incite à rentrer dans un univers . 
En effet, entre les effluves d'alcool qui émanent lors de ses diverses interventions , la Maman de l'Alliance Bleue (ne lui parlez pas de gourou, il vomit ça) cherche à vous guider dans son univers, dans un album centré sur le spirituel. Après le sexe, la politique ou la famille voici un nouveau thème pour Tellier.
Sceptiques ? Sautons à l'eau.


My God Is Blue s'ouvre donc sur le désormais célèbre "Pépito Bleu" qui, mine de rien, peut se targuer d'une mélodie intrigante et finalement bien travaillée. Quant au lyrisme apocalyptico-biscuit de Sébastien Tellier, on adhère ou on s'enfuit en courant. 
Choisissez vite.
"The Colour Of Your Mind" confirme déjà une première impression : une production impeccable et même remarquable signée Mr. Flash. La voix de Tellier semble plus cristalline et plus fragile alors qu'elle se pose sur un beat langoureux mais lent dans un drôle d'exercice où Tellier fait du Tellier mais en version rock progressif teinté de synthétiseurs.
"Sedulous" est un des meilleurs morceaux de l'album où Tellier pousse encore plus loin l'exercice précédent. Une introduction psychédélique chantée en franglais, comme tout le morceau, laisse place à une basse reggae entraînante sur ce même rythme pesant mais enlevé. On distingue aussi quelques cuivres et un orgue qui se frayent un chemin, encore très timide, à travers les nappes de synthétiseurs et les guitares. Enfin, Tellier finit sur une guitare très New Wave qui reprend la mélodie principale du morceau.
On a l'étrange impression du même morceau perçu de deux manières différentes alors que ce ne sont pas les mêmes harmonies.
A première vue, c'est déjà plus travaillé et beaucoup moins épuré que l'électro sexuelle de "Divine" et autres "Look"
Arrive donc ensuite "Cochon Ville" qui, outre un clip orgiaque détonnant, ne manquera d'enflammer quelques dancings bien imbibés. On voit bien ici que la conversion de Tellier à l'électronique est achevée, l'acoustique est quelque peu mise de côté.
Foutaises !


Sébastien reste un amoureux des instruments charnels, les cordes restent des amantes de premier choix pour celui qu'on surnommait affectueusement le Chabal de l'électro. C'est donc avec cette même voix haut perchée et gentillette que Maman gratte ses arpèges avec passion sur "Magical Hurricane" avec une foule de bruitages style on-a-enregistré-ce-truc-sur-l'Eden. Le tout laisse progressivement place à un piano puis à un orgue magistral qui dévale crescendo et arrivera à son climax pour aboutir au prochain titre "Russian Attractions".
Changement d'ambiance garanti : la patte de Mr. Flash rejaillit avec un gros beat hip-hop et une instru grandiloquente. Sur le thème principal, on se croirait presque sur un générique de James Bond si ce n'était pas Tellier qui chantait des paroles à moitié compréhensibles. C'est un peu le premier OVNI de cet album jusqu'alors si bleu, et qui s'assombrit un tantinet.
Voici ensuite une pièce maîtresse, là on sent clairement une continuité musicale avec Sexuality : une guitare sèche sur laquelle se greffent quelques synthés mélodieux et une voix plus assurée et plus grave. "Mayday" est l'expression parfaite des talents de songwriter de Tellier : une ballade pure, avec une belle alchimie entre acoustique et électronique et peu d'artifices.
"My Poseidon" donne un indice par son titre, un morceau épique où on frôle la surcharge sonore, encore du progressif avec ces trombones qui reprennent la même ligne de basse pendant quatre minutes en initiant le mouvement d'une montée orchestrale infinie.
Le délire de Tellier prend ensuite clairement le dessus sur "Against The Law" où les synthétiseurs tournoyants nous rappelle "L'Amour et la Violence" avec des paroles qui tombent dans un absurde abracadabrantesque "C'est quoi cette histoire de coiffeur ? / C'est n'importe quoi / Oui / Mais c'est beau". Alors que le début de ce morceau planant et aérien partait sur un riff qui aurait pu être signé par Metallica ou Van Halen, il n'en est finalement rien.
Le rêve bleu s'achève doucement avec le pénultième titre éponyme "My God Is Blue" un mélange savant entre une dose de Supertramp et une dose de "Let It Be" mais enrobé des limbes sonores de Tellier, un tout impossible à décrire, un slow transgénérationnel mélancolique (j'aurais essayé).
Et pour finir "Yes It's Possible" : ouverture sur un orgue de cathédrale terrifiant puis ce même beat pesant qui nous a accompagné réapparaît. La mélodie est jouée par une guitare bien saturée et vintage jusqu'à ce solo heavy metal soutenu de claviers spatiaux suivi d'un néant absolu.
Le dernier titre est une redescente impitoyable, mais lisez le titre : c'est possible, laissez vous faire.
Mais je me rend compte à l'instant de la difficulté de mon entreprise.
En effet, My God Is Blue est un trip. A vous de rentrer dedans, et de vous laisser porter par la musique de Tellier, il y a quelque chose de très indigeste et malsain à l'écoute de cet album, un arrière-plan nauséabond et mystique pour quelque chose de très beau.
C'est certainement la subtilité de ce quatrième projet centré sur la religion où Tellier met en exergue le malaise imposé par toutes ces croyances, mais sans qu'il devienne insupportable.
Enfin, surtout, il ne faut pas oublier que la musique est une oeuvre humaine, et des relations entre chaque personnage qui a participé à cette oeuvre dépend le résultat. Et Tellier l'a dit : ça a été compliqué, parfois pénible, tant l'incompatibilité caractériel entre lui et Mr. Flash était forte.
Le puriste cartésien face au psychédélique fêlé donne un album uniformément bleu mais constellé de nuances de l'azur au marine.



Matthieu
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De rouille et d'os






Jacques Audiard est souvent considéré comme un animal cinématographique, contrairement à la politique il parle de choses vraies et profondément sincères. On a le sentiment que tout ce qu'il a touché depuis ses débuts en 1995 s'est transformé en une oeuvre intemporelle et imperméable vis à vis des critiques.
Souvent récompensés aux Césars, ses films font toujours foi d'une envie continue de représenter l'Homme dans des situations pathétiques à l'image de la descente aux enfers de Romain Duris dans De battre mon coeur s'est arrêté ou l'entrée dans un monde de violence de Tahar Rahim dans Un prophète.
Dans cette logique Audiard présente dans De rouille d'os des personnalités opposées, d'un côté le passage de la lumière à l'ombre de Stéphanie (Marion Cotillard) et de l'autre la renaissance d'Ali (Matthias Schoenaerts) un homme dont la vie n'a désormais plus aucun sens et où par la persévérance il réussit à renaitre et à trouver sa voie.
Le film s'ouvre magistralement avec un morceau de Bon Iver, le ton miséreux est donné.
A première vue, on voit plus en Matthias Schoenaerts (celui que l'on décrit comme la nouvelle révélation du cinéma) un insipide Ryan Gosling dans Drive, mais très vite il prend rapidement ses marques et voit son personnage évoluer dans ses relations, sa façon d'entrevoir son avenir et de s'occuper de son fils avec qui il n'a jamais eu l'habitude de passer du temps ni de l'éduquer.
Inversement Marion Cotillard que l'on avait l'habitude de voir depuis ces 3 dernières années de tournage aux Etats-Unis sous les projecteurs et les paillettes voit ici l'opportunité de s'inscrire dans un tout autre registre, celui d'une femme qui va tout perdre du jour au lendemain.
Une relation par le fruit du hasard va se créer entre deux personnages antagonistes, l'un est violent et l'autre vient de perdre ses deux jambes ainsi que sa dignité.
Il se trouve qu'Ali (ce n'est assurément pas une coïncidence) va tenter de gagner sa vie en participant à des combats de boxes clandestins tout en travaillant illégalement pour des gérants de magasins.
Audiard a construit une personnalité terriblement paradoxale, tant elle semble être indifférente, les sentiments n'ont sans doute pas de place chez une brute mais c'est là tout le génie de faire vivre en harmonie une femme sensible et belle avec un homme qui voit un fauteuil roulant comme une "poussette", l'acte sexuel comme un simple service et cette dernière comme quelqu'un de normal.
Le choix d'un cadre sans artifices, toujours dans la simplicité fait la force d'une réalisation sans faille, les lumières se reflètent parfaitement et les plans sont toujours millimétrés.
Peu à peu on voit la reconstruction d'un corps nouveau, qui chez la femme est l'argument de séduction infaillible le symbole de la dignité féminine inversement l'homme se déchire aussi bien physiquement que moralement. Le parallélisme se renforce entre deux être liés, pas seulement par des "baises d'amis" mais aussi par leur faculté à sortir de leur existence qui malgré la différence physique s'avère être la même tant les problèmes se reflètent et se ressemblent.
Jacques Audiard continue un sans-faute impressionnant et on ne serait pas étonné de le voir remporter la palme d'Or au Festival de Cannes. A suivre..


Thibault

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Est-ce l'image que l'on donne ?





Nous ne sommes jamais les mieux placés pour nous décrire. L'auto-portrait n'est le fort de personne et l'introspection s'avère d'autant plus rare lorsque nous ne retrouvons confrontés à des problèmes intérieurs.
Le monde extérieur nous détermine, nous éduque, nous instruit et nous façonne.
L'idée en fait pâlir plus d'un, étions-nous destinés à mener cette vie là ? Pouvons-nous nous imaginer dans une autre situation que celle qui fait de nous la personne que l'on est, le rôle que nous jouons ?

Si Dan Voinea explore implicitement cette voie, il n'en reste pas moins un peintre désireux de représenter l'être sous un autre jour, parfois sans visage, sans expression..
Il reste un sentiment d'inachevé où la peinture s'effrite au regard, qui s'efface au profit de l'imaginaire et du splendide des situations qu'il présente.

L'un y voit un sauveur et l'autre une envie meurtrière.
La moitié de l'un ne complète jamais celle de l'autre même si les sentiments amoureux sont décuplés.
Et dans une vision toujours assez morose de notre existence on s'enfonce peu à peu dans ses problèmes.
Certains ne peuvent se regarder dans la glace tant le reflet est peu flatteur et ignoble.
Ou bien tentons-nous de cacher des choses ? Masquer la vérité d'un drap à la blancheur limpide et innocente. C'est bien là le défi de l'Homme et peu sont ceux qui parviennent à se découvrir.









Plus ici  Dan Voinea







Thibault












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Heavenly Beat





Heavenly Beat est le projet solitaire du bassiste de Beach Fossils John Peña et paradoxalement tout ne s'est pas fait à la vitesse de la lumière. Pour être plus précis il a choisi d'adopter une tactique assez spéciale, ne jamais sortir d'album et environ tous les 3 mois lâcher un titre par ici et par là. 
Dans un style qui varie d'un morceau à l'autre. A base de guitares sèches et de mélodies entrainantes, on n'a pas grand chose à lui reprocher tant le résultant est surprenant. 




Thibault

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Retour au Paradis





C'était une évidence, duo inconnu sorti de nul part et déniché par le label Beats In Space, Paradis s'affirme à nouveau avec le titre Hémisphère, stratosphérique, lunaire, les superlatifs s'accumulent où l'on retrouve la patte de Parfait Tirage et les basses trépidantes de la Balade de Jim.
Toujours cet attrait pour la langue française qui rend si bien, rien n'est mieux en ce moment, à côté tout fait pale figure. Le clip illustre avec brio l'ambiance et l'esprit d'une musique qui sans doute tient ici des arguments pour toutes les générations. Assurément génial. Et on regrette d'autant plus de ne pas avoir assisté à la projection du court-métrage où nous étions invités..
Mais l'avenir s'avère toujours aussi grand pour les deux énergumènes.


Thibault

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Un mot une image : William Ropp




Après Daniel Gebhart de Koekoek ou Berenice Abbott, le photographe William Ropp est à l'honneur en ce mois de Mai.


Fuite (en avant)



Porcelaine



Le Cri



Défi-ance



Moi et moi



"L'écorce terrestre" (David Grossman)




égarement


Des races.





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Interview - Isaac Delusion





C'est un peu l'exception française de ce début d'année, à base de pop délicieusement consommable et d'une légèreté inimitable, Isaac Delusion s'affirme un peu plus sur la scène musicale et a déjà sorti son premier EP : Midgnight Sun. Quoi de mieux que s'adresser directement aux individus qui répondent au noms de L. et J. pour en connaître un peu plus sur un groupe en devenir.

High Five Magazine : Tout d’abord cela apparaît paradoxal mais vous semblez à la fois assez mystérieux (L. et J. rien de vraiment très précis) et très ouverts, pensez-vous qu’avec la notoriété grandissante, ces deux éléments vont s’inverser ?

L: Le fait de rester plus ou moins anonymes nous amuse tout les deux, le mystère a toujours été quelque chose d'attirant. On espère rester dans cet esprit le plus longtemps possible.

J:  On aimait aussi l'idée de ne se montrer qu'en live et on ne cherche pas non plus à rester cachés à tout prix . Après, les initiales je crois que c'est Cracki qui les ont sorties ils ont fait les choses à fond.

HFM : Il semble y avoir une histoire derrière votre duo, comment vous-êtes vous rencontrés ?

L: Nous somme amis depuis un bout de temps on a commencé à se fréquenter au collège bien avant de faire de la musique. C'était sûrement le seul gars du coin à comprendre mes blagues et à en rire, donc on partait dans des délires étranges pendant des heures.

J: aah.. Les seventies.

HFM : Isaac Delusion, pourquoi ce nom ? Des idées me viennent mais rien de concret..

L: La signification exacte a du se perdre au long des siècles, néanmoins si un jour la lumière nous revient nous en ferons part au monde...

J: Une partie de la réponse est dans la musique.

HFM :  L. a un timbre de voix assez exceptionnel, cette capacité de passer des tonalités graves (Iron Man) aux plus aiguës (Midnight Sun) étonne, comment avez-vous acquis une telle faculté ?

L: J'ai toujours été fasciné par ces chanteurs capable de passer du grave à l'aigu en un rien de temps. J'ai beaucoup travaillé sur les changements de timbre en écoutant notamment des chanteurs comme Jeff Buckley ou Patrick Watson ou encore le français Nosfell. Le coté lyrique dans la musique pop est quelque chose que je trouve très intéressant.

HFM : Vous n’êtes pas sans rappeler par moment la folk de Iron And Wine et l’accoustique (et la voix bien entendu) de Fleet Foxes. Mais de votre avis, qu’est ce qui vous inspire ? 

L: Nous avons tout les deux des influences très différentes, pour ma part j'adore le folk, Iron and Wine effectivement, Sufjan Stevens ou encore Elliot Smith sont des références pour moi. J'ai dailleurs un groupe de folk à coté d'Isaac D (Lucky Lindy). Mais j'écoute aussi beaucoup de rock prog du genre Mogwai, Explosions In The Sky ou Sigur Ros mais très peu d'électron.


HFM : L’instru est aussi la base de votre style musical (impressionnante dans Mignight Sun), quels sont vos instruments de prédilection ? Qui s’occupe de quoi ?

L: En général moi je m'occupe globalement de composer les mélodies avec tout ce que j'ai sous la main    ( Synthés, guitares, samples etc..) et il s'occupe le plus souvent de la rythmique, il met au point une structure et compose les basses ensuite je pose ma voix, ce qui crée une bonne alchimie, on se complète à merveille.

J: Oui le plus souvent il arrive avec une base, je la complète et on la finit ensemble, sauf sur Midnight Sun où il s'est posé sur une de mes instrus c'est surement pour ça qu'elle est plus en avant sur celle là.

HFM : Vous semblez former une petite famille en pleine expansion chez Cracki Records (en témoigne la collab avec Larcier), par ailleurs élu label du mois par le magazine Tsugi, qu’est ce que vous pensez de la dynamique formidable du label, de ses projets pour le futur ?

L: On est conscient d'avoir de la chance d'être tombé sur Cracki car ils sont extrêmement dynamiques et débordent d'idée sans eux notre musique n'aurait surement pas eu un rayon de diffusion aussi large. Le fait qu'ils soient un jeune label construisant leur expérience nous motive beaucoup car d'un certain coté ils grandissent en même temps que nous, ce qui est extrêmement stimulant.

J: Ils ont acquis beaucoup de notoriété en peu de temps parce qu'ils font les choses bien et qu'ils ont une vraie vision de l'accès à la musique pour tous, que ce soit dans leurs événements ou sur le label. Je leur fais confiance pour la suite ils préparent toujours un nouveau coup.

HFM : Après quelques passages remarqués chez Nova, des concerts appréciés, un EP bientôt en «dur» et déjà médiatisé, c’est quoi la suite pour vous ?

L: Nous travaillons actuellement sur notre deuxième EP qui nous espérons va faire parler de lui autant que le premier si ce n'est plus. Quelques festivals cet été et pas mal de dates à l'étranger (Londres, Varsovie, Copenhague, Barcelone), que du bonheur!

J: On a un bassiste aussi maintenant, on prépare de la vidéo...

HFM : Enfin qu’est ce que vous écoutez en ce moment, quel est le dernier livre que vous avez lu et la dernière chose que vous avez achetée ? (chacun si possible)

L: En ce moment j'écoute l'album "Into Giants" de Patrick Waston un des projets de Nicolas Jaar. Le dernier livre que j'ai lu c'était "Quand la conscience s'éveille" d'Anthony de Millo . Et la dernière chose que j'ai achetée, un synthé le Micron de Alesis.

J: J'écoute Electric Guest, on reconnait la production de Danger Mouse et il est toujours aussi bon ! Le dernier livre que j'ai lu était "Et Nietzsche a pleuré" de Irvin Yalom et la dernière chose que j'ai achetée l'Akai APC 40 dont je me sers pour le live.

On espère entendre très vite parler à nouveau d'Isaac Delusion qui semble parti pour ne plus s'arrêter.
Et merci à eux.








Thibault













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Un détour







Il est vrai que la musique dite électronique est très privilégiée ces derniers temps même si certains tentent de rehausser les intentions Pop, Indie ou Rock de High Five à l'image de l'excellence de Julia Holter et l'énergie de Jack White. Alors j'essaye à mon tour d'apporter une once de fraicheur musicale à un ensemble qui s'appuie la plupart du temps sur de nombreuses boites à rythme et des synthés dégénérés.
Et ce serait très mal nous connaître de nous juger comme tel ou tel adepte d'un genre à part entière.
Non, nous le clamerons toujours haut et fort, rien ne nous laisse indifférent pas même le morceaux classiques à la portée souvent infiniment plus importante qu'un simple morceau de House ou autre genre de la même famille. On néglige les mélodies d'antan mais elles referment bon nombre de secrets et délices qu'il est difficile de reproduire aujourd'hui.
Une sélection où se glisse sans doute un ou deux intrus mais qui dans l'air d'avant s'intègre parfaitement à notre mentalité et notre façon de voir les choses.

La grâce :  Easy Living - Sarah Vaughan

Le rythme : Our Love Is Here To Stay - Blossom Dearie

La constance : Song For You - Marbert Rocel

Le personnage : Fu-Yu - DJ Krush & Toshinori






Thibault




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