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Interview - Isaac Delusion




06 mai, 2012

C'est un peu l'exception française de ce début d'année, à base de pop délicieusement consommable et d'une légèreté inimitable, Isaac Delusion s'affirme un peu plus sur la scène musicale et a déjà sorti son premier EP : Midgnight Sun. Quoi de mieux que s'adresser directement aux individus qui répondent au noms de L. et J. pour en connaître un peu plus sur un groupe en devenir.

High Five Magazine : Tout d’abord cela apparaît paradoxal mais vous semblez à la fois assez mystérieux (L. et J. rien de vraiment très précis) et très ouverts, pensez-vous qu’avec la notoriété grandissante, ces deux éléments vont s’inverser ?

L: Le fait de rester plus ou moins anonymes nous amuse tout les deux, le mystère a toujours été quelque chose d'attirant. On espère rester dans cet esprit le plus longtemps possible.

J:  On aimait aussi l'idée de ne se montrer qu'en live et on ne cherche pas non plus à rester cachés à tout prix . Après, les initiales je crois que c'est Cracki qui les ont sorties ils ont fait les choses à fond.

HFM : Il semble y avoir une histoire derrière votre duo, comment vous-êtes vous rencontrés ?

L: Nous somme amis depuis un bout de temps on a commencé à se fréquenter au collège bien avant de faire de la musique. C'était sûrement le seul gars du coin à comprendre mes blagues et à en rire, donc on partait dans des délires étranges pendant des heures.

J: aah.. Les seventies.

HFM : Isaac Delusion, pourquoi ce nom ? Des idées me viennent mais rien de concret..

L: La signification exacte a du se perdre au long des siècles, néanmoins si un jour la lumière nous revient nous en ferons part au monde...

J: Une partie de la réponse est dans la musique.

HFM :  L. a un timbre de voix assez exceptionnel, cette capacité de passer des tonalités graves (Iron Man) aux plus aiguës (Midnight Sun) étonne, comment avez-vous acquis une telle faculté ?

L: J'ai toujours été fasciné par ces chanteurs capable de passer du grave à l'aigu en un rien de temps. J'ai beaucoup travaillé sur les changements de timbre en écoutant notamment des chanteurs comme Jeff Buckley ou Patrick Watson ou encore le français Nosfell. Le coté lyrique dans la musique pop est quelque chose que je trouve très intéressant.

HFM : Vous n’êtes pas sans rappeler par moment la folk de Iron And Wine et l’accoustique (et la voix bien entendu) de Fleet Foxes. Mais de votre avis, qu’est ce qui vous inspire ? 

L: Nous avons tout les deux des influences très différentes, pour ma part j'adore le folk, Iron and Wine effectivement, Sufjan Stevens ou encore Elliot Smith sont des références pour moi. J'ai dailleurs un groupe de folk à coté d'Isaac D (Lucky Lindy). Mais j'écoute aussi beaucoup de rock prog du genre Mogwai, Explosions In The Sky ou Sigur Ros mais très peu d'électron.


HFM : L’instru est aussi la base de votre style musical (impressionnante dans Mignight Sun), quels sont vos instruments de prédilection ? Qui s’occupe de quoi ?

L: En général moi je m'occupe globalement de composer les mélodies avec tout ce que j'ai sous la main    ( Synthés, guitares, samples etc..) et il s'occupe le plus souvent de la rythmique, il met au point une structure et compose les basses ensuite je pose ma voix, ce qui crée une bonne alchimie, on se complète à merveille.

J: Oui le plus souvent il arrive avec une base, je la complète et on la finit ensemble, sauf sur Midnight Sun où il s'est posé sur une de mes instrus c'est surement pour ça qu'elle est plus en avant sur celle là.

HFM : Vous semblez former une petite famille en pleine expansion chez Cracki Records (en témoigne la collab avec Larcier), par ailleurs élu label du mois par le magazine Tsugi, qu’est ce que vous pensez de la dynamique formidable du label, de ses projets pour le futur ?

L: On est conscient d'avoir de la chance d'être tombé sur Cracki car ils sont extrêmement dynamiques et débordent d'idée sans eux notre musique n'aurait surement pas eu un rayon de diffusion aussi large. Le fait qu'ils soient un jeune label construisant leur expérience nous motive beaucoup car d'un certain coté ils grandissent en même temps que nous, ce qui est extrêmement stimulant.

J: Ils ont acquis beaucoup de notoriété en peu de temps parce qu'ils font les choses bien et qu'ils ont une vraie vision de l'accès à la musique pour tous, que ce soit dans leurs événements ou sur le label. Je leur fais confiance pour la suite ils préparent toujours un nouveau coup.

HFM : Après quelques passages remarqués chez Nova, des concerts appréciés, un EP bientôt en «dur» et déjà médiatisé, c’est quoi la suite pour vous ?

L: Nous travaillons actuellement sur notre deuxième EP qui nous espérons va faire parler de lui autant que le premier si ce n'est plus. Quelques festivals cet été et pas mal de dates à l'étranger (Londres, Varsovie, Copenhague, Barcelone), que du bonheur!

J: On a un bassiste aussi maintenant, on prépare de la vidéo...

HFM : Enfin qu’est ce que vous écoutez en ce moment, quel est le dernier livre que vous avez lu et la dernière chose que vous avez achetée ? (chacun si possible)

L: En ce moment j'écoute l'album "Into Giants" de Patrick Waston un des projets de Nicolas Jaar. Le dernier livre que j'ai lu c'était "Quand la conscience s'éveille" d'Anthony de Millo . Et la dernière chose que j'ai achetée, un synthé le Micron de Alesis.

J: J'écoute Electric Guest, on reconnait la production de Danger Mouse et il est toujours aussi bon ! Le dernier livre que j'ai lu était "Et Nietzsche a pleuré" de Irvin Yalom et la dernière chose que j'ai achetée l'Akai APC 40 dont je me sers pour le live.

On espère entendre très vite parler à nouveau d'Isaac Delusion qui semble parti pour ne plus s'arrêter.
Et merci à eux.








Thibault













 

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